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24 rue Moustier
13001 Marseille

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Bonjour Johannes, tu es bénévole à la vélo-école du collectif. Tu nous expliques un peu ton parcours et ce qui t’a amené à t’engager dans l’association ?

Je suis danois, de Copenhague. Dans ma ville natale le vélo est le moyen de locomotion le plus utilisé au quotidien : la moitié des trajets domicile - travail  se font ainsi, les enfants l'utilisent pour aller à l'école ou au lycée et les plus petits sont amenés en vélo-cargo par leurs parents !

Bref, c'est inconcevable de ne pas savoir rouler à vélo. Or, il y a quelques années, on a vu arriver un nombre assez important de réfugiés et surtout de réfugiées qui n'avaient jamais appris à faire du vélo. Comme cela empêchait leur intégration, c'était un problème qui a été pris très au sérieux. On a organisé des cours avec une progression pédagogique soigneusement pensée. C'est un reportage sur ces cours qui m'a incité à m'engager pour partager le bonheur enfantin de ces adultes au premier tour de pédale réussi.

En temps normal, la vélo-école propose des cours pour les débutants et les personnes n’étant pas à l’aise en vélo, tu peux nous en dire plus ?

La vélo-école se réunit les samedis à 9h30 chez Mickey Boy qui loue des vélos aux élèves qui n'ont pas encore le leur. Pour les débutant•e•s, les pédales seront repliables : on commence sans elles, en draisienne, sur une petite pente descendante. Une fois qu'on maîtrise un peu l'équilibre, la direction et le freinage, on met une pédale, en trottinette, et puis les deux. Et c'est le grand moment des premiers tours de pédales - mais ce n'est que le début : il faut consolider tout ça d'abord dans le parc, puis sur la voie publique, au milieu des voitures ! Le but est d'être à l'aise dans toutes les situations de la pratique du vélo au quotidien.

Nous sommes trois moniteurs et deux monitrices pour le moment, mais tout le monde n'est pas disponible toutes les semaines, nous pourrions être plus nombreux. J'encourage vivement d'autres cyclistes à nous rejoindre - il y a peu de manières aussi gratifiantes de promouvoir le vélo en ville !
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J’ai vu que, dans les ateliers, tu as beaucoup de personne n’ayant jamais fait de vélo. Qu’est ce qui les poussent, selon toi, à franchir le cap ?

Il y a deux ans, c'était clair et net : les élèves étaient en très grande majorité des femmes d'origine africaine, Maghrébines en général mais parfois d'Afrique subsaharienne, la quarantaine ou plus, qui prétextaient l'envie de faire du vélo avec leurs petits-enfants pour réaliser enfin un rêve de petite fille : faire du vélo comme les garçons.

À présent, si ce public existe encore, il est rejoint par d'autres : enfants dont les parents estiment qu'ils ont besoin d'une aide « professionnelle », et, de plus en plus, des personnes de toutes catégories qui veulent remplacer la voiture ou les transports en commun par le vélo pour les déplacements quotidiens.

J’imagine que la durée d’apprentissage doit dépendre de beaucoup de facteurs. Est-ce que tu retrouves des similarités entre les apprenants ? Selon toi quels sont les plus gros freins à l’apprentissage du vélo ?

C'est difficile de trouver un facteur décisif de vitesse d'apprentissage. En général, on apprend plus vite quand on est plus jeune, et la pratique de sports d'équilibre - ski, planche à voile, patins, … - peut être un avantage. Mais finalement, je ne vois rien de bien significatif. Tout le monde peut apprendre ; certain•e•s plus vite que d'autres, c'est injuste mais c'est comme ça. La moitié des élèves débutant•e•s font leur premiers tours de pédales dès la première séance, les autres devront persévérer une séance de plus, ou deux, ou trois, sans se décourager... Le plus gros frein, c'est de ne pas essayer !

En ce moment, beaucoup de personne se mettent ou se remettent au vélo. À Marseille, se sentir à l’aise sur un vélo n’est parfois pas chose aisée. Qu’est-ce que tu leur conseillerais pour bien reprendre à pédaler en toute liberté et sécurité ?

vélo école borely parc De venir à nos cours, bien sûr ! Ou, si elles savent déjà bien pédaler et si elles ont déjà un vélo, de prendre rendez-vous avez Jeanne Sanchez (06 33 78 75 50) qui organise des séances individuelles sur les trajets quotidiens déterminés avec l'élève.

Sinon :
Respectez le Code de la route.
Ne doublez jamais par la droite, surtout les bus et camions.
Ne serrez pas trop à droite : la voiture qui vous suit sera tentée de vous doubler sans vous laisser assez de place, sans compter le danger de portières qui s'ouvrent.

Mais il y a beaucoup d'autres choses à voir. Encore une fois, le mieux, c'est de venir un samedi matin au parc Borély !


Fin d'année 2020 : appel aux dons !

La Provence, 6 mai 2020